A 29 ans, Amine Noua semble avoir trouvé la stabilité après plusieurs saisons marquées par de nombreux changements de clubs. Une nouvelle sérénité qui profite également à l’Équipe de France, dont il a été le meilleur marqueur vendredi soir en Hongrie.

samedi 28 février 2026 à 12:28 par Julien Guérineau

Pendant des années, son horizon n’a pas changé. Natif de Lyon, et après des débuts à Vénissieux, Amine Noua a pris la direction de l’ASVEL à 11 ans. Il passera 13 saisons dans la maison verte, décrochant trois titres de champion de France au passage. Mais depuis son envol à l’été 2021, les points de chute se sont multipliés : Andorre (Espagne), la SIG, l’ASVEL à nouveau, l’Hapoël Holon (Israël), Derthona (Italie), Fenerbahçe (Turquie) et Grenade (Espagne) la saison dernière.

Son passage en Andalousie a permis à l’ailier-fort tricolore de faire étalage de toute sa panoplie et de terminer quatrième meilleur marqueur de la Liga ACB (16,1 pts). "Il y a eu beaucoup d’instabilité dans ma carrière", reconnaît-il. "L’année dernière j’ai eu l’impression de renaître. J’ai été responsabilisé et j’ai essayé d’impacter des deux côtés du terrain et de jouer sur mes qualités. Ça fait plaisir quand une équipe compte vraiment sur toi. Et cette saison j’ai l’impression d’avoir passé un autre cap."

Après une signature sans lendemain au Japon, Noua a patienté jusqu’en novembre pour s’engager avec l’Aris. Ancienne place forte du basket européen dans les années 80, aux grandes heures du dieu grec Nikos Galis, le club de Salonique a trouvé une nouvelle dynamique sous la direction de son propriétaire, un multimilliardaire sino-canadien de 25 ans, Richard Hsiao : "C’est le club idéal. Son histoire, la ville, j’ai trouvé mes repères d’entrée de jeu et sur le terrain ça a suivi." Au point de prolonger jusqu’en 2028 pour le plus grand bonheur des bouillants fans locaux. Malgré une élimination lors de la phase de poule d’EuroCup, la nouvelle recrue a fait parler la poudre, sur la scène continentale (14,2 pts, 5,9 rbds) comme en ESAKE (16,9 pts, 6,7 rbds).

Logiquement appelé en Équipe de France, Noua, ancienne terreur des compétitions de jeunes sous le maillot tricolore (4e scoreur du Mondial U17 en 2014) a repris sa place avec aisance dans le système d’un entraîneur qu’il a fréquenté à l’ASVEL et qui l’a relancé en novembre 2024 en équipe nationale : "J’essaye de continuer sur ma lancée, prendre mes responsabilités. Avec Freddy on se connaît par cœur. On a passé beaucoup de temps ensemble. Quand je rentre je suis en mission." Particulièrement efficace à Szombathely, Amine Noua a terminé meilleur marqueur et plus gros temps de jeu des Bleus : 15 points, 6 rebonds, 2 passes décisives en 25 minutes. "Mais j’ai fait des erreurs que je dois corriger", tempère-t-il en référence à ses 4 balles perdues. Un axe d’amélioration pour le match retour de dimanche, à Antarès.