Hongrie – France : la victoire en tremblant
A Szombathely, l’Équipe de France, plombée par ses pertes de balle, a été sauvée d'une prolongation par un tir à deux secondes du buzzer de Sylvain Francisco (74-71). Un succès étriqué mais capital dans la course à la Coupe du Monde 2027.
Mis à part quelques résidus de neige sur les routes de la campagne hongroise, c’est un grand ciel bleu et un doux soleil qui ont accompagné les Tricolores durant leur court séjour magyar. Une douceur qui a peut-être anesthésié les hommes de Frédéric Fauthoux, à côté de leur basket au premier quart-temps. Ils voulaient imposer leur physique et leur dureté à une Hongrie clairement en déficit dans ce domaine. Ils ont, au contraire, laissé se développer un basket fait de fixation et de shoots, tout en tendant eux-mêmes le bâton pour se faire battre. Sept ballons expédiés directement dans les mains adverses offraient trop d’occasions de creuser un premier écart (6-13). Les Bleus étaient cependant sauvés par l’autre domaine dans lequel on leur prêtait un avantage certain : la qualité des rotations.
Sortis du banc, le duo Benjamin Sene-Paul Lacombe donnait du rythme au match alors que Petr Cornelie nettoyait le cercle et qu’Amine Noua alimentait la marque. Un 10-2 autoritaire remettait les favoris dans le sens de la marche (16-15, 10’). Sans être impériale, l’Équipe de France assurait l’essentiel. Son écrasante domination au rebond lui donnait de l’air, tout comme la technique impeccable d’Amath M’Baye dos au panier. "Peut-être que je semble smooth parce que les gens à côté de moi vont très très très vite", souriait-il en débutant le stage. "Avec le temps les mouvements sont plus contrôlés, tu cherches plus l’efficacité que le volume." Près de quatre ans après son dernier match international, le joueur du Paris Basketball a repris le fil de son histoire en équipe nationale avec efficacité et élégance. De quoi oublier la frayeur initiale pour prendre solidement le contrôle des opérations à la pause (38-31).
Un passage aux vestiaires qui permettait à Sylvain Francisco de retrouver ses jambes. Le MVP de la dernière journée d’EuroLeague brisait quelques chevilles sur le chemin du panier. Un éclair de génie dans une rencontre que les Bleus ne parvenaient jamais à emballer. Noua toujours impeccable et Sene inspiré s’assuraient de maintenir un matelas d’une dizaine de points que le scoreur Zoltan Perl tentait de grignoter.
Dans une salle tiède, le temps s’écoulait sans que l’on perçoive un danger imminent pour la France. Il se matérialisait à deux minutes du buzzer après une trop longue période de disette offensive (69-66). Un très long arbitrage vidéo donnait une balle d'égalisation à la Hongrie dans une Arena Savaria soudain debout. Perl frappait à nouveau en pénétration mais M'Baye inscrivait un panier plein de sang-froid. Dans la foulée, une nouvelle perte de balle permettait à Zsombor Maronka de réussir un tir improbable semblant envoyer le match en prolongation.
Sur la dernière possession, le capitaine Sylvain Francisco signait cependant le shoot de la gagne, dans le coin. Un tir qui vaudra sans doute cher à l'heure de faire les comptes pour la qualification à la Coupe du Monde.