A 35 ans, Paul Lacombe (40 sélections) est de retour en Équipe de France pour apporter son expérience à un groupe qui veut se dégager la route vers la Coupe du Monde 2027.

lundi 23 février 2026 à 17:14 par Julien Guérineau

Est-ce un hasard que vous ayez passé le premier déjeuner du rassemblement à côté d’Amath M’Baye (36 ans), avec qui vous avez remporté la médaille de bronze à la Coupe du Monde 2019 ?

On rigole mais ça me fait vraiment bizarre. J’ai débuté en Équipe de France en 2017 grâce aux fenêtres FIBA, avec des joueurs que j’avais côtoyés en club ou en sélection de jeunes. Là je me retrouve avec beaucoup de gars que je découvre. Ce n’est plus la même énergie. J’avais l’habitude de retrouver Andrew Albicy, Nicolas Lang, des mecs avec qui j’ai été champion en U20. Là c’est vraiment une nouvelle ère.

Êtes-vous donc rassuré de ne pas être le doyen de cette Équipe de France ?

J’ai l’impression d’avoir commencé hier et aujourd’hui je suis dans un autre moment de ma carrière. Mais toutes les étapes sont bonnes à prendre et j’adore être à ce moment-là de ma vie.

Vous allez sans doute devenir le premier international à passer de consultant télé (Finlande-France en novembre dernier) à acteur d’un match lors d’une même phase de qualification internationale…

Je suis très fier et content d’avoir marqué l’histoire ! D’une manière ou d’une autre (il explose de rire).

Imaginiez-vous revenir en sélection, à 35 ans ?

Du tout. En novembre 2024, à Poitiers (ndlr : contre Chypre), je pensais que c’était ma dernière. Je l’avais dit à ma femme d’ailleurs.

Comment l’avez-vous appris ?

C’est arrivé en plusieurs étapes ! J’ai reçu un mail d’Estelle Guillermet (ndlr : la coordinatrice administrative des sélections nationales). J’étais très surpris. J’ai pensé que j’étais peut-être dans une liste élargie. J’ai sondé Pascal Donnadieu mais il n’a rien voulu me dire. Ensuite j’avais un rendez-vous avec Serge Isidoro, le podologue qui suit la plupart des internationaux. Il me reparle de l’Équipe de France en me disant que j’allais y être. Enfin je croise Gladys Dibling, la nutritionniste des Bleus. Qui m’en reparle. Tant que ce n’était pas concret je n’y croyais pas ! Pascal a fini par me le dire la veille de la publication de la liste des 14. Avoir encore l’opportunité de porter ce maillot, c’est exceptionnel.

Ce retour se fait dans le cadre d’une double confrontation avec la Hongrie, très importante dans l’optique de la qualification…

Je suis clairement conscient de l’enjeu de ces deux rencontres. On sent qu’il y a de la tension, une obligation de résultats. On ne peut pas se rater. Tu as toujours un joker dans les fenêtres et j’ai le sentiment qu’il a déjà été utilisé en Finlande. Est-ce que je vais pouvoir apporter quelque chose ? J’espère. Je pense que cela se fera très naturellement. C’est mon rôle à Nanterre. J’ai de l’expérience et j’essaye d’apporter de la sérénité. S’il faut le faire ici, je le ferai… sans forcer.

Vous avez aidé l’Équipe de France à se qualifier aux Coupes du Monde 2019, 2023 et désormais 2027. A quel point cette idée de rendre service est-elle importante ?

A la création des fenêtres de qualification, il y avait souvent ces questions sur le côté ingrat : faire les qualifications sans forcément jouer la compétition. Pour moi ça n’a jamais été la réflexion. Porter le maillot de l’Équipe de France a toujours été un privilège. Si on le voit comme ça, à n’importe quel moment de sa carrière, on sera toujours prêts à aider l’équipe à performer. C’est clairement mon cas. Je prends ça comme une reconnaissance et une chance. Une chance d’aider l’Équipe de France.